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CLIN DíĆIL DíATEPA A KARIM†?

(Wal Fadjri, 01 septembre 2007)

Nettali, le quotidien sur le Net, a-t-il, dans son édition du mardi 28 août 2007, mal rapporté les paroles de Pierre Goudiaby ? On y lit que l’homme d’affaires a déclaré dans une interview accordée à Weekend magazine : « Karim Wade a toutes les qualités pour être chef d’un Etat comme le Sénégal. » Est-ce un message codé ?

Que veut-il dire par « un Etat comme le Sénégal » ? Existe-t-il ailleurs un Etat comme le Sénégal ? Fait-il allusion à la superficie, la population, la culture, l’histoire ou la politique ? Pourquoi n’a-t-il pas dit : « Karim Wade a toutes les qualités pour être chef (roi) du Sénégal » ? Pas besoin d’y aller avec le dos de la cuillère. Seulement, chaque pays a ses particularités qui le rendent unique, ses réalités dont il faut bien s’imprégner avant de songer à y régner.

D’aucuns se plaignent que l’on parle trop de Karim, mais tant qu’il y aura des gens pour sortir de telles énormités, il ne nous sera pas permis de les écouter sans répondre, de subir sans réagir, de voir le danger sans crier gare.

Quelles sont les qualités de Karim ? Selon monsieur Goudiaby, « il est extrêmement intelligent et a beaucoup de compétence. » Il y a certes des demeurés au Sénégal, mais ce ne sont pas des gens extrêmement intelligents qui y manquent. Par ailleurs, on peut dire de n’importe qui qu’il est intelligent et compétent sans avoir à le démontrer. C’est bien trop facile comme flatterie. Sur quoi se base l’homme qui se dit « de la génération de l’excellence » pour louer la compétence du garçon de la « génération du concret » ? Le fils de tata Viviane et ses courtisans montrent les chantiers de l’ONACI en criant : « Voici du concret », comme s’il n’y avait jamais rien eu de concret dans ce pays. Et ces chantiers ne seront sûrement pas prêts dans les délais prévus, malgré tous les moyens mis à la disposition du prince. De plus, après tout le tapage médiatique et les désagréments causés au Dakarois, on en est arrivé à prendre la décision d’organiser l’OCI au Méridien Président, comme l’avait fait Abdou Diouf en 1992. Il n’y a pas à dire, Karim a beaucoup de compétence. La meilleure est quand Goudiaby, l’architecte, reconnait qu’il y a des problèmes, des dangers dans ces chantiers. Ha ! Ha ! Je me demande ce qu’on aurait eu si Karim n’était pas compétent. Et puis, on est homme politique ou on ne l’est pas. Il faut certes de l’intelligence et de la compétence, mais cela ne suffit pas.

Atépa précise néanmoins que Karim doit d’abord faire ses preuves. Bon dieu ! Que lui faut-il encore comme preuves ? Que le prince fasse tomber le ciel sur nos têtes ? En tout cas son discours manque de clarté. Et il va plus loin en déclarant que ce qu’il ne souhaiterait pas qu’on colle à la peau de Karim, c’est qu’il profite d’une situation pour faire ses preuves. Eh bien, voyons ! Si le « banquier de Londres » n’était pas le fils du président de la République, aurait-on laissé le ministère de l’Equipement de côté pour lui confier de si importants travaux qui ne relèvent pas de sa « compétence » ? Lui aurait-on donné les moyens de distribuer des millions de francs ?

Pour terminer, monsieur Goudiaby nous apprend que Wade-père est un travailleur qui a des projets à finir, mais est mal entouré, ce qui veut dire incapable de choisir ses collaborateurs. Et il invite toutes les compétences à se réunir autour de Góór gi pendant trois ans. Pendant ce temps, lui qui est excellent, démissionne de ses fonctions de conseiller spécial du chef de l’Etat. Allez donc y comprendre quelque chose.

En tout cas, les projets des Wade feront le bonheur de certains architectes. « Lafañ, boroomi mbaam lay faral », dit l’adage wolof. Mais espérons que c’est Nattali.net qui a mal rapporté les propos de notre cher Atépa.

Bathie Ngoye Thiam


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